Anéantis de Sarah Kane - Le Huis Clos, Regards sur l'enfermement -

Publié le par Julie

 

A partir de la mise en scène de Daniel Jeanneteau au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis, et l'étude de ce texte, je me suis interrogée sur cette idée d'enfermement, à travers différents textes et images que la mise en scène m'avaient inspirés.

 

Toutes ces réflexions, bien qu'inspirées par une autre mise en scène (qui m'avait beaucoup marquée), m'ont permis d'ouvrir ma pensée et mes idées sur ce texte afin de créer une scénographie qui soit en accord avec le texte et avec les idées du metteur en scène.

 

C'est pour ces raisons que j'ai choisi de mettre en ligne ces inspirations personnelles, qui j'espère vous inviteront à lire cette pièce et peut-être à venir la voir sur scène.

 

- Le Huis Clos, Regards sur l'enfermement -

 

 

" Prépare-toi, le pire est à venir ; tu ne sais pas ce que c'est que de réfléchir sur une île. Sur une île, on se sent séparé et unis en même temps. Le corps est uni par le sol, mais il est aussi séparé du reste du monde, même si l'autre rive n'est qu'à une heure en traversier. Tout ceux qui partent, et ils partent tous un jour ou l'autre, finissent par avoir le mal de l'île. La plupart d'entre eux reviennent, mais rien ne s'est arrangé ; un malaise profond s'est installé dans leur corps parce qu'ils ont découvert qu'ils ne sont pas en paix nulle part, pas plus sur l'île qu'ailleurs. Il ne leur reste parfois, pour manifester leur inconfort, que la violence ; ils pourraient frapper jusqu'au meurtre tant elle finit par les étouffer. [...] C'est quand même sur notre île, qu'on achète des chiens pour les battre et les abandonner après. " 

Daniel Danis, Le Langue à Langue des Chiens de Roche, page 34. 

 

Photomontage : - Francis Bacon, Etude d'après Vélasquez

                      - Photo de Gaël, prise par Daniel Janneteau pour Anéantis

" L'univers clos est surtout fait des relations entre les personnages, leurs rapports reposent sur la contrainte de rester ensembles, la torture qu'ils s'infligent mutuellement et une interdépendance profonde, tout comme si les personnages étaient faits pour rester ensemble et condamnés à dépendre les uns les autres. Si l'on regarde la clôture comme une métaphore de la vie, elle montre comment les hommes sont nés pour dépendre les uns les autres et souffrir, enrevanche, de la douleur de la communication humaine. "

Melkorka Telka Olafsdottir, Etude d'une drammaturgie de la clôture dans le théâtre d'après-guerre.

Francis Bacon, Deux figures

 

 

" Dans le monde clos c'est par le regard et la présence des autres qu'on existe, et l'existence de l'un est conditionnée par l'existence de l'autre, car tout se passe dans l'intersubjectivité, dans la relation entre ceux qui sont enfermés ensembles. "

Melkorka Telka Olafsdottir, Etude d'une drammaturgie de la clôture dans le théâtre d'après-guerre.

René Magritte, Le Mois des vendanges

René Magritte, Le faux miroir

" Tu ne peux te libérer du monde

en prêtant l'oreille

Tu ne peux te libérer de toi-même

par beaucoup de paroles

Tu ne peux te libérer de tous les deux,

Du monde et de toi-même,

sauf par le silence. "

Les Quatrains de Rûmî

André Chedid et Hassan Massoudy, Le Jardin Perdu

René Magritte, Les jours gigantesques

Guillaume Apollinaire, Alcools, A la Santé, Septembre 1911

Marseille, photo prise par Daniel Janneateau

 

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Publié dans aneantis

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