Différents liens concernant les autres spectacles d'Anéantis

Publié le par Marion

http://www.colline.fr/spectacle/index/id/69/rubrique/dossier

  

Anéantis

25 avril ››› 28 mai 2000

Petit Théâtre

texte Sarah Kane
mise en scène Louis Do de Lencquesaing

 
 Résumé
Anéantis

Un grand hôtel dans une métropole, la violence d’un couple répond à la violence du dehors. Une bombe explose, anéantissant, éventrant le lieu. Le quotidien bascule dans l’universel, le naturalisme touche à la tragédie. «La pièce vient du centre de notre humanité et de notre besoin très ancien du théâtre. Ses images sont anciennes. Elles apparaissent à toutes les grandes époques de l’art - dans le théâtre grec et jacobéen, dans le Nô et le Kabuki» s’exprimait Edward Bond, qui se disait ému par le métier et la maîtrise d’un si jeune écrivain.

 

Anéantis

Blasted : anéanti, éventré, explosé… il s’agit bien de cela, d’une remise en question des fondements même de la représentation par-delà l’horreur.

Un couple improbable cherche une issue à sa passion, par le sexe, par la violence, par-delà la mort.

Un grand hôtel dans une métropole, une violence de couple, une violence dehors. Le dehors surgit. Une bombe explose anéantissant, éventrant le lieu. Le quotidien devient universel, le naturalisme touche à la tragédie «euripidienne» en ce sens où la pièce porte en elle les germes de destruction de sa forme.
Euripide écrivait sur la mort de la forme tragique, sur la décadence de ce genre, Sarah Kane dans Anéantis met à bas la représentation, l’exténuant par une surenchère de violence jusqu’au cannibalisme ; elle dépasse la barbarie pour exténuer notre monde.

Tout cela commence le plus naturellement possible dans ce lieu impersonnel, si ce n’est la personnalité d’un couple. Mais en faisant surgir l’extérieur à l’intérieur, en détruisant le décor pour dévoiler un plateau nu, cru, la pièce, à l’image de ce couple, cherche une issue à la représentation, détruisant une forme fin de siècle, télévisuelle, aseptisée, pour laisser le champ vide à de nouveaux édifices…

Louis Do de Lencquesaing

  

http://www.idearts.com/concours/aneantis.htm10 > 3/11 aéâtre de Poche à 20h30 

Mise en scène : Michel Bernard Assisté de Marie Henry
Avec : Joëlle FRANCO, Patrick LERCH,,  René GEORGES
Scénographie : Marcos Vinals-Bassols

ANEANTIS de Sarah Kane

La guerre. Un homme et une femme dans une chambre d'hôtel : il va mourir, il est malheureux. Elle est malheureuse aussi, épileptique qui plus est. Durant son absence à elle, un second homme vient, c'est un soldat, il viole le premier personnage et lui mange les yeux. Celui-ci arrivera néanmoins à le tuer tandis qu'un bébé meurt de faim et que son cadavre sera dévoré.



Sarah Kane
Sarah Kane partage avec Edward Bond la même obsession de dénoncer l'atrocité du monde. Vous l'aurez compris il s'agit de montrer  l'inmontrable, d'utiliser ce qu'on voit à la télévision et au cinéma ... au théâtre ! "La représentation de la violence pose un problème aux gens alors que la violence non représentée dans la vie de tous les jours en pose beaucoup moins." Sarah Kane est sans nul doute la plus douée et la plus dérangeante des auteurs anglo-saxons de sa génération.
Sans fioriture, elle nous met sous le nez la barbarie du monde contemporain. Avec ses cinq pièces, elle a renouvelé la dramaturgie théâtrale. Jusqu'aux boutistes, ses textes obligent à se questionner sur le monde comme il va. Ou plutôt comme il ne va pas.

« (.) Sans verser dans la caricature, la mise en scène de Michel Bernard travaille en sensibilité l'acidité et les contrastes, faisant apparaître le manque d'amour de ces trois êtres. Patrick Lerch est éblouissant de justesse,(.) René Georges offre cette désespérance, tellement humaine. Impossible de ne pas être bousculé par Anéantis : ce spectacle prend aux tripes, nous relie au monde en nous confrontant au fondement de la condition humaine ». 
(Janine Dath/Le Soir du 26 avril 2001)

 

http://www.festival-avignon.com/index.php?r=29&pid=110993862225

 

Théâtre
Première en France

de Sarah Kane
Mise en scène Thomas Ostermeier
Allemagne

 Thomas Ostermeier a fait des débuts remarqués en 1996 en présentant des spectacles dans un ensemble de préfabriqués attenant au Deutsches Theater, la Barracke. Se consacrant dans un premier temps aux écritures contemporaines, il crée autour de lui un collectif artistique qui surprend et enthousiasme le public berlinois puis européen. Nommé codirecteur de la Schaubühne à Berlin en 1999, il poursuit son travail mais en alternant textes du répertoire – Büchner, Brecht, Ibsen…– et auteurs vivants – Marius von Mayenburg, Jon Fosse, Biljana Srbljanovic, Sarah Kane, Lars Norén… Classiques ou modernes, ces textes de théâtre sont toujours intégrés dans la réalité d’une Allemagne réunie politiquement mais toujours socialement et culturellement divisée, d’une Europe morcelée confrontée à une tentative d’invasion culturelle venue d’outre-atlantique, d’un monde qui ne peut effacer ni le conflit ni la barbarie de ses modes de fonctionnement. Dans sa démarche artistique, c’est toujours un théâtre au plus près de l’homme que propose Thomas Ostermeier, qui fut l’artiste associé de la 58e édition du Festival en 2004. Au Festival d’Avignon, Thomas Ostermeier a déjà présenté Homme pour homme de Bertolt Brecht, Sous la ceinture de Richard Dresser et Shopping and Fucking de Mark Ravenhill en 1999, La Mort de Danton de Büchner en 2001, Woyzeck de Büchner, Maison de poupée d’Ibsen, Disco Pigs d’Enda Walsh et Concert à la carte de Franz Xaver Kroetz en 2004.


Encensée par certains, conspuée par d’autres, la première pièce de Sarah Kane Anéantis fut, en 1995, un coup de tonnerre, un choc violent dans le paysage théâtral anglais. Thomas Ostermeier reprend aujourd’hui ce texte emblématique qu’il considère comme visionnaire et débarrassé de son image provocatrice, un texte d’une force dramatique exceptionnelle, d’une écriture concentrée et précise, sans fioritures, sans faux-semblants littéraires. Il veut le faire entendre en restant, scénographiquement et dramaturgiquement, au plus près des influences revendiquées par Sarah Kane dans cette première œuvre : Ibsen, Brecht, Beckett et Shakespeare. Comment représenter la brutalité, le sexe, la barbarie dans lesquels s’inscrivent les rapports entre les trois personnages, Cate, Ian et le soldat, en même temps que la passion amoureuse, le désir de romantisme, l’espérance généreuse d’un avenir autre ? C’est ce défi que Sarah Kane propose à ceux qui veulent s’emparer de sa parole qui mêle inextricablement la barbarie de l’homme et son insondable capacité à aimer et à être aimé. C’est ce défi que veut relever Thomas Ostermeier, considérant que nous sommes maintenant cernés par cette barbarie et qu’il n’est plus possible, comme en 1995 avec la guerre de Bosnie, de fermer les yeux, tant elle s’étale devant nous par médias interposés. Mais c’est aussi l’interrogation sur la frontière si fragile entre la barbarie que porte en lui chaque être humain et la barbarie collective d’un monde à la violence sans pareille que doit traverser le corps des acteurs et le plateau du théâtre. La perte d’identité d’un individu contient la même violence que la perte d’identité d’une société, elles sont inextricablement liées. C’est ce que nous dit avec force la voix poétique, brillante, incisive et tourmentée de Sarah Kane, sans doute l’une des plus grandes dramaturges anglaises du XXe siècle. C’est ce que Thomas Ostermeier veut faire entendre hors de toute provocation inutile, reprenant à son compte ces mots de l’auteur : “on veut continuer d’aimer et d’espérer”.

   

 

 

 

http://www.theatregerardphilipe.com/programme/aneantis.html

Anéantis de Sarah Kane
traduction française Lucien Marchal (L'Arche Éditeur)
mise en scène et scénographie Daniel Jeanneteau

du 18 mars au 17 avril 2005
du mercredi au samedi à 20h30 - mardi à 19h30
dimanche à 16h - relâche le lundi

 "J'ai été stupéfaite de ces clameurs d'épouvante qui ont éclaté à propos de mes pièces, parce qu'en fin de compte il ne s'agit pas de brutalité ou de cruauté. Elles sont là, sans plus, quand on écrit et qu'en dépit de toute la violence qui existe, on veut continuer d'aimer et d'espérer."
Sarah Kane 

 

 

 

 

 
"La première violence de la découverte, l'effet de mode, sont maintenant passés. On peut commencer à voir Sarah Kane autrement, avec moins de fascination ou de dégoût, comme un être visionnaire, frappé de lucidité, et généreux.
On peut sortir son œuvre du registre de la provocation, qui personnellement ne m'intéresse pas. Qui ne l'intéressait pas non plus elle-même. Contre toute attente elle était sincère, et, comment le dire autrement, aimante.Son œuvre, définitivement close en cinq textes exigeants et beaux, est un cadeau d'amour, pour reprendre la formule de Bruno Bettelheim à propos des contes de fées. C'est à dire que, aimante, elle nous risque à la plus radicale des expériences, non par haine ou par goût du sang, mais parce que l'humain se définit précisément par son besoin et sa capacité de se confronter au pire.
La lecture il y a quelques années de L'Espèce humaine de Robert Antelme m'a révélé cela: loin de m'affliger, de m'atteindre en m'enlevant des forces, le regard qu'Antelme porte sur son expérience dans les camps de concentration, échappant à la fatalité de l'état de victime et envisageant l'humain dans son unité indivisible, restaure, étrangement, une forme de confiance que je pensais avoir perdue. Il y a là, dans l'expérience même du désastre, comme un rappel à l'humain.
Nous devons parfois descendre en enfer par l'imagination pour éviter d'y aller dans la réalité disait Sarah Kane. De même Andersen prend les enfants par la main de leur imagination pour les amener à vivre les pires choses, dans la parenthèse du conte. Hölderlin disait du poète qu'il saisit de sa main le terrible, l'éclair lui-même, pour le tendre aux foules sous son voile de chant. Anéantis, comme l'ensemble de l'œuvre de Sarah Kane, est un poème et un conte. Complexe, douloureux, charriant des blocs de réalité opaques, mais avant tout un poème. Pas un simulacre, mais la réalité rejointe par les figures de l'art. Les scènes, les gestes n'y sont pas documentaires, mais images, et, comme images, agissantes, suscitant la réalité par d'autres moyens que ceux de l'imitation.
"Je pense vraiment que les germes d'une guerre de grande ampleur se trouvent toujours dans la civilisation en temps de paix", disait Sarah Kane. L'unité de lieu dans Anéantis évoque l'idée d'un simple mur de papier qui séparerait la sécurité et la civilisation de l'Occident tranquille de la violence et du chaos de la guerre civile.Un mur qui peut être déchiré, sans prévenir, à tout moment.
Sarah Kane a écrit sa pièce en 1993, depuis nous apprenons chaque jour que ce qu'elle avait pressenti travaille la société profondément et la modifie."

 
Daniel Jeanneteau mise en scène et scénographie Daniel Jeanneteau • collaboration artistique et lumière Marie-Christine Soma • assistante à la mise en scène Aurélia Guillet • costumes Ann Williams • son Yves Coméliau • régie générale Richard Pierre avecLe Soldat Gaël Baron • Cate Stéphanie Schwartzbrod • Ian Gérard Watkins
coproduction : Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, Centre dramatique national - Théâtre National de Strasbourg - La part du vent, Compagnie Daniel Jeanneteau, avec le soutien de la DRAC Ile-de-France et avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.

 

 

 

 

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Publié dans aneantis

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